L'etat actuel de la centralisation française

Si vous êtes de culture française, vous pouvez passer ce chapitre, même si un peu de rappel ne fera sans doute pas de mal. Parfois on ne se rend même plus compte à quel point la centralisation est quasi-absolue d'une part, et plus (+) qu'une pratique politique ou économique d'autre part. Pire, c'est aussi une mentalité.

Dans ce billet nous citerons beaucoup Paris qui est à la fois une ville et un département (75). Cette formule est un raccourci pour toute la région Île-de-France qui regroupe sept autres départements. Les trois département franciliens qui sont directement limitrophes de la capitale forment la « petite couronne » (92-93-94), elle-même ceinturée par la « grande couronne » (77-78-91-95).

Concrêtement, la région IDF regroupe bien souvent le siège social national de tout type d'orgnaisation :

  • société commerciale, même de l'économie sociale et solidaire (SCOP, etc)
  • média généraliste de masse (TV, radio, ...)
  • presse écrite quotidienne nationale (Le Parisien, Libération...)
  • presse magazine (mensuelle ou hebdomadaire)
  • parti politique
  • syndicat de travailleurs/euses, d'étudiant(e)s ou de lycéens- lycéennes,
  • organisation religieuse
  • fondation, collectif et association nationale à but non lucratif (Bi'Cause...)
  • Organisation Non Gouvernementale
  • représentation locale d'entité étrangère (succursale ou filiale d'entreprise, pied-à-terre d'ONG étrangère)
  • ...

Mais aussi au niveau étatique, politique ou administratif :

  • Palais de l'Elysée (pouvoir éxécutif) et Hôtel Matignon (bureau du ou de la Première Ministre)
  • chambres du Parlement
  • ministères dont celui de la Justice
  • Direction Générale de la Police Nationale
  • « grands conseils » (celui d'Etat, celui Constitutionnel, etc)
  • Cour de Cassation et certains autres corps judiciaires
  • service de renseignements (DCRI, DGSE...)
  • agence nationale et organe similaire comme la HADOPDI, l'ADEME, etc

Les problèmes engendrés par cette hyper-concentration sont multiples et nombreux, comme l'ethnocentrisme parisien, aussi appelé parisianisme, autrement dit : l'attitude à réduire ou assimiler la france entière (dont les 13 DROM-COM) à ce seul département ou à ce que l'on en perçoit et ressent. Le petit monde de la soit-disante élite française, réellement consaguine, plouto-cratique et oligarchique, dénoncée dans de multiples ouvrages dont Les nouveaux chiens de garde (qui n'aborde toutefois que trois facettes & populations de la problématique).

Mais l'objet de la réflexion du présent article est ailleurs, sur un autres point : l'influence par les groupe de pression ou groupements d'intérêt (lobbying). Cette concentration est bien pratique, puisqu'ils peuvent toucher tout autant les parlementaires élu-e-s directement par le peuple (appelé/e/s député/e/s), que les média, le ou la Présidente de la République, les ministres, etc. Il paraît que c'est cette même raison qui est à l'origine de la séparation du Parlement Européen en deux communes éloignées.

En déconcentrant ces zones de pouvoir aux quatre coins de la France, on complique et ralentit leur « travail », qui est bien souvent contraire à l'intérêt général puisque la majorité des lobbies sont industriels, et non citoyens ou associatifs.

Que distribuer sur tout le territoire ?

D'abord, les deux chambres du Parlement et l'ORTF, euh pardon les média d'Etat. Parce que les politiciens passent beaucoup de temps de l'un à l'autre, et peuvent surfer d'un point à l'autre au cours d'une même journée (France Inter le matin, France2 le soir). En séparant tout cela, on peut limiter la sur-visibilité actuelle est des gros partis politiques, et donner un peu plus d'audience aux petit partis (Debout La République, Cap 21, Parti du Vote Blanc, Parti Pirate...), ou leur délégations régionales.

Ensuite, on pourrait s'occuper du troisième pouvoir : la Justice (et la Police, son bras armé). C'est une autre histoire.

Comment répartir ces entités sur le territoire ?

Tout éloigner du moindre point géographique de la région francilienne, même du fin-fond de la grande couronne, afin d'être bien sûr que rien ne soit dans le giron de la région Île-de-France d'une manière ou d'une autre.

Compter en distance orthodromique : à vol d'oiseau, et avec une distance minimale : 50 ou 100 kilomètres. Soit environ 1 heure de route, ce qui limite la probabilité qu'une même homme ou femme politique se pointe sur deux média différents le temps d'une même soirée. Le téléphone est régulièrement utilisé, mais la présence physique reste préférée à la télévision.

Au-delà de l'éloignement de la région parisienne, il faut aussi éviter que tout ces lieux de pouvoirs ne se regroupent ailleurs qu'à Paris, cela créerait un nouveau pôle. Donc définir également une distance mimale entre eux, si besoin en fonction de plusieurs facteurs, cumulables évidemment :

  • minimum 600 km entre l'Assemblée nationale et le Sénat (qui je le rapelle sont chacun éloignés d'au moins cinquante kilomètres du moindre point francilien) ;
  • minimum 400 km entre le siège-studio de FranceTéléVision et ceux de Radio France (hors divisions locales ou régionales comme celles de France 3 Franche-Comté ou France Bleu Midi-Pyrénnées) ;
  • minimum 300 km entre la toute chambre parlementaire et tout siège social/studio de média d'Etat.

En raison de l'importance du lobbying aux deux Parlements Européenns, certains département sont évidemment exclus de l'éligibilité à héberger, recevoir ou accueillir l'une ou l'autre chambre parlementaire française. Il s'agit bien sûr de ceux qui sont les plus proches de Strasbourg et Bruxelles : Nord (59), Pas de Calais (62), Bas-Rhin (67), Haut-Rhin (68), Moselle (57), Meuthe-et-Moselle (54) et Vosges (88).

Où dispatcher sur le territoire ?

Le centre géographique semble assez logique. Il se situe entre Saint-Amand-Montrond dans le Cher en région Centre et Montluçon dans l'Allier en région Auvergne (uniquement si l'on parle de la france métropolitaine, et selon la méthode de calcul barycentrique). Outre ces deux villes de petite taille, d'autres communes pourraient tout-à-fait devenir le siège d'une chambre parlementaire ou d'un média d'Etat : Limoges, Clermont-Ferrand, Lyon, etc

De manière générale, la partie méridionale de la France métropolitaine est elle aussi logique voire légitime dans le sens d'équilibrer avec la RP, situé dans le tiers septentrional (au Nord). Très peu d'organisations ou lieux liés à l'Etat sont situés dans le Sud. D'ailleurs, ne dit-on pas « Monter à Paris » ?

N'oublions pas les DROM-COM, qui existent tout le temps, pas uniquement en période électoral, et la Corse bien sûr. Je me répète, mais cette île fait partie intégrante de la métropole, et pourrait parfaitement accueillir un ministère.

Comment financer tout cela ?

Nulle excuse.

Pour financer une école ou un hôpital « on » rencontre parfois des difficultés à trouver les fonds. Par contre pour un aéroport inutile, les milliards tombent du ciel.

Les parlementaires allemand-e-s ne bénéficient ni d'IRFM ni d'enveloppe pour leur assistant-e-s ou collaborateurs-trices.

La presse en France n'est pas libre au sens d'indépendance du Pouvoir car elle est gorgée de subventions, donc a peur de déplaire au Pouvoir en place.

On pourrait continuer longtemps à énumérer. De l'argent en France, il y en a. Le problème, c'est qu'il est peu partagé, mal distribué, et parfois détourné.